27/06/2009

Michael Jackson (1958-2009)

J'ai appris la mort de Michael Jackson en direct, en suivant l'info via twitter. Mon impression, deux jours après, n'a pas changé : c'est simplement irréel. Mais d'un autre côté, il n'y avait pas d'autre issue : pour que la légende soit à jamais définitive, il devait mourir brutalement, dans des circonstances qui resteront toujours douteuses. Les hagiographies et critiques cyniques n'ont pas manqué, et ne manqueront pas dans les prochains jours (et je suis très satisfait de ne pas regarder la TV : je n'y ai pas vu une seule image couvrant l'événement). Je vais simplement m'attacher à exprimer mon avis sur l'artiste Michael Jackson, probablement la personnalité la plus connue de l'histoire du show-business.

J'ai vu Jackson en concert une fois, à Ostende, lors de sa méga(lo) tournée HiStory (septembre 97), durant laquelle il avait érigé d'immenses statues de lui un peu partout en Europe. Le show était évidemment impressionnant, mais le son pourravissime (on était quand même dans un hippodrome) et il était impossible qu'il chante en live en dansant comme ça, la performance était partiellement fake. Je n'en ai pas gardé un souvenir imperissable, de plus, je me dois de le signaler : la carrière musicale de MJ est quand même sérieusement inégale.

Sa jeunesse, Jackson 5 et tout, franchement, je m'en fous. Les gosses exploités par leurs parents (ce qui peut facilement expliquer beaucoup de choses dans le comportement futur de Wacko Jacko), je n'ai pas envie de les écouter, surtout quand ils ont une voix suraiguë. ABC, I Want You Back et consorts, ça m'énerve. Par la suite, les choses s'arrangeront, et Can You Feel It reste un morceau funk tout à fait décent, sans atteindre le niveau des génies du genre. Parallèlement à son succès familial, Michael, clairement la star de la famille, allait sortir quelques albums solo qui ne m'ont jamais intéressé (même quand Pearl Jam a repris une partie de Ben pour leur morceau Rats). Il faudra attendre 1979 et Off The Wall pour que la mégastar devienne surhumaine. Seulement, et on ne le savait pas encore, il n'arriverait plus, en trente ans, à atteindre ce niveau : Off The Wall sera son meilleur album, titre éventuellement disputé par le suivant, Thriller. Il faut dire qu'il est excellent, truffé de dancefloor fillers comme Don't Stop Til You Get Enough, Rock With You ou Workin' Day And Night, ou de la somptueuse ballade She's Out Of My Life. Ce dernier morceau montre à quel point la voix de Jackson est exceptionnelle, même proche de la rupture.

À partir de là, la machine était lancée. Les 20 millions d'Off The Wall vendus ne seront pas grand chose comparés à la suite : Thriller (1982) et ses 109 millions (chiffre qui va certainement augmenter ces prochains jours) qui font de lui l'album le plus vendu de tout les temps. Il est d'ailleurs extrêmement probable qu'il le restera éternellement, vu que le concept même d'album est voué à disparaître. Thriller est un disque monstrueux, malgré sa pochette ridicule. Wanna Be Startin' Somethin' et son électro claustro ouvre l'album, qui enchaîne ce qui est sans doute la plus extraordinaire série de hits de l'histoire de la musique enregistrée : à un duo gentillet avec Paul McCartney suit en effet la triade fabuleuse Thriller / Beat It / Billie Jean. La caisse claire et basse de l'intro de ce dernier est indescriptible de perfection sonique. À partir de là, MJ ne pouvait que décliner, mais heureusement, cela se fera en douceur. Mais la chute sera progressive, et totalement irrémédiable.

Cinq ans après, l'attente était immense, les moyens aussi. Martin Scorsese réalise un film de 20 minutes illustrant le morceau-titre mais aussi le changement d'image de MJ : il devient Bad. L'album se vendra très bien, mais nettement moins que Thriller. La Jackomania est à son comble : neuf morceaux sur onze sortiront en single (dont quelques perles, I Just Can't Stop Loving You ou encore l'implacable Smooth Criminal), cinq seront n°1 aux USA, un fait unique à ce jour. Il tournera deux films promo (Captain EO pour Disney, Moonwalker), mais les ennuis allaient commencer. On s'interroge sur sa vie apparemment étrange, on se moque de son caisson d'oxygène et de ses remontées testiculaires dansantes. Leave Me Alone, le dernier morceau de l'album, parle de lui-même. Mais personne ne le fera jamais.

Alors que Jackson est devenu un phénomène qu'on pensait immortel, Dangerous allait faire mal, très mal. Sony voulait mettre à jour le son 80s de Jackson, et enrôla le producteur de l'époque, Teddy Riley. 30 millions de copies partirent, mais MJ perdit son âme. L'album est gonflé de partout, 77 minutes d'excès et de mauvais goût, tant musical (metal/funk/pop/rap/choeur/ballades écoeurantes/Stéphanie de Monaco) et visuel (des clips invraisemblables). L'exploitation commerciale dura deux ans et neuf singles. Le vent commençait à tourner, et Sony trouva une solution inédite : le prochain album serait double, et comprendrait un best of.

HiStory : Past, Present and Future Volume 1 est au moins aussi prétentieux que son titre. Le premier disque comprend quinze succès extrait des quatre albums Sony précédents (la sélection laissant parfois à désirer) et est suivi d'un second de quinze nouveaux, emmenés par le très casse-oreilles Scream, duo avec sister Janet, illustré par le clip le plus cher de l'histoire. Le reste? Un mix de ballades mièvres (You Are Not Alone, Stranger In Moscow) ou affreuses (Earth Song, malgré la bonne intention) et de morceaux plus enlevés, notamment marqués par la présence de guests, comme... Shaquille O'Neal. MJ est toujours fâché, et s'attaque au méchant juge qui veut le foutre en tôle (D.S) et aux tout aussi méchants journalistes (Scream, Tabloid Junkie). Il reprend aussi très mal Come Together, quelques années après avoir acheté les droits de plusieurs centaines de morceaux des Beatles, au nez et à la barbe de leurs compositeurs et ayant droits (il semble que le testament de MJ leur rendrait, on le saura dans quelque temps). Histoire de faire encore pire, l'album sera suivi par une plaque de remix et d'inédits médiocres, alors que le dernier album studio sorti de son vivant, Invincible, ne vaut même pas la peine qu'on lui accorde une phrase complète.

Depuis lors, la vache à lait fait sortir des compiles diverses et variées, mais semble incapable de pouvoir se concentrer sur de la nouvelle musique. Il est vrai que sa vie privée ne le poussait pas spécialement à composer tranquillement en studio. Gageons que d'ici quelques mois, on retrouvera miraculeusement des maquettes, histoire de sortir quelques albums posthumes à la Tupac Shakur. Sa dernière actualité, c'était son come back fracassant sur la scène : il devait jouer 10 fois sur la (très grande) scène de l'O2 Arena de Londres. Des promoteurs naturellement avides ont vite fait de quintupler (!) ces concerts, il semblait alors évident que Jackson n'aurait jamais été physiquement capable de tenir le coup.

On ne le saura jamais, comme on ne saura jamais si l'artiste Michael Jackson allait être capable, comme un de ses modèles, de provoquer sa résurrection. Ce qu'on sait, par contre, c'est l'importance immense de l'artiste pour son art, et pour la société en général. On ne citera que deux exemples : c'est son extraordinaire talent qui empêcha les médias US de ne pas diffuser ses chansons, ouvrant ainsi la porte aux artistes Afro-Américains, de même, il aura créé quelques ponts entre des genres musicaux jusque là séparés (dès le solo d'Eddie Van Halen dans Beat It).

Sa chute fut terrible, et sa grande période créatrice assez courte. Mais quand Michael Jackson était bon, il était extraordinaire.

22:37 Écrit par Denis dans News | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : jackson |  Facebook |

18/10/2008

The Chinese Democracy Incident?

Mes blogs n'ont jamais eu la prétention de faire dans la news, ce n'est pas le but, et d'autres le font bien mieux. Le monde entier est donc au courant qu'apparemment, contre toute attente, Chinese Democracy va bien sortir cette année.

C'est évidemment un événement : quand le travail sur l'album a commencé, Guns 'N Roses était le plus gros groupe du monde, et Axl Rose un sex symbol (oui, malgré les shorts. C'était comme ça, avant, moi non plus, je ne pige pas). Et on en parle depuis si longtemps (voir la page wikipedia pour l'historique) qu'on est arrivé à un point où on s'en fiche pas mal de la qualité de l'album : oui, le quatrième (cinquième si on compte Use Your Illusion comme deux albums) album des Guns va sortir dans notre vie. Sauf si on meurt d'ici là, mais ce serait quand même quand même pas de chance.

Enfin, des Guns, tout est relatif. Des membres importants du groupe de la "grande époque", celle avec les bandanas, le short rouge (ouais, il m'a marqué) et les permanentes, il ne reste plus qu'Axl Rose. Le reste a décampé, entre autres pour former les médiocrissimes Velver Revolver, qui sont d'ailleurs toujours à la recherche d'un chanteur plus fiable que le précédent, une constante chez eux. Axl a su bien s'entourer, puisque quelques gens talentueux sont passés par là, comme Robin Finck (guitare, ex-NIN), Josh Freese (batterie, ex-un peu de tout), Bryan 'Brain' Mantia (Primus) et évidemment l'étrange mais génial guitariste Buckethead, qui arrivait à détourner l'attention du bedon et de la coupe de cheveux d'Axl.

On n'a aucune idée de qui fait partie de GNR maintenant, on le saura sans doute quand ils reprendront la route, de même, les musiciens cités ci-dessous n'apparaîtront peut-être pas tous sur l'album : vu qu'il a été enregistré sur une période de quinze ans, pas mal d'héro a coulé sous les veines.

Mais la nouvelle est là, pour le plus grand plaisir des amateurs de Dr Pepper (beurk) : Chinese Democracy sera disponible dans le magasins Best Buy US le dimanche 23 novembre, et sur l'interweb un peu avant, sans doute. Même si, musicalement, je m'en fous complètement (sauf pour Buckethead), il va quand même bien falloir que j'en parle...

10:45 Écrit par Denis dans News | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/04/2008

Tiens, des nouvelles de Trent

Ce blog ne va pas devenir quasi uniquement dédié aux aventures stéréophoniques de Trent Reznor, mais bon... Hier, ce brave Trent a proposé aux radios un nouveau morceau de Nine Inch Nails, totalement inédit, Discipline. Ce qui est surprenant, vu que le dernier album de NIN date de quelques mois (le fameux Ghosts I-IV), et que c'était son troisième album en quatre ans.

Et ne voilà pas que ce pirate des temps modernes annonce quelque chose pour dans deux semaines, via son blog (nin.com). C'était déjà la même méthode pour Ghosts, donc, va-t-on voir un nouvel album de NIN, en téléchargement gratuit et légal, ou est-ce que Reznor va nous prendre une fois de plus par surprise? Vu le morceau, je parie les 400 mb de l'album en FLAC que ce sera la suite annoncée (mais jamais confirmée) de Year Zero.

On verra dans treize jours, mais en tant que fan de musique et de libertés, je suis impatient. Pour rappel, il a fallu attendre six ans entre The Fragile et With Teeth.

20:35 Écrit par Denis dans News | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/04/2008

Beaucoup de bruit pour rien, suite et fin

Quel magnifique exemple de manipulation... Alors qu'il y a quelques jours l'opinion générale (et la mienne) était de vilipender le clan dEUS pour pratiques mercantiles inacceptables, les tables ont tourné, et c'est maintenant le journal Le Soir (et en particulier l'inénarrable Thierry Coljon) qui est tourné en ridicule. Après toute une série de cafouillages mineurs, qui a culminé avec cette magnifique affaire du gribouillis-qui-n'est-pas-vraiment-une-signature, on apprend via le site du Morgen (journal néérlandophone a aussi brisé l'embargo) qu'une seconde séance d'interviews, non soumises à ces conditions, est organisée le 18, soit ce vendredi.

Je vais donc arrêter d'évoquer cette stupide histoire, qui aura apporté deux enseignements : d'abord, on pouvait le prévoir, une grande partie de l'industrie du disque n'est composée que de marchands de tapis sans scrupule : ces 25 000€ sont quand même scandaleux en soi. Ensuite, le comportement du journal Le Soir (ou plutôt de sa rédaction incapable de gérer correctement la situation), mons prévisible, est inquiétante, car n'obéissant à aucune logique. Ce n'est pas la première fois qu'un média censé être indépendant et de qualité perd les pédales, et ce ne semble pas être un coup de mou momentané : la tendance perdure.

Et ça, ce n'est pas bon non plus.

19:48 Écrit par Denis dans News | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/04/2008

Beaucoup de bruit pour pas grand chose : l'”affaire” dEUS vs/& Le Soir

On savait depuis longtemps que Tom Barman avait la grosse tête, mais là on atteint des records. Les médias n'ont pas le droit de révéler la tenue des interviews avec le groupe avant le 15 avril (enfin, Barman, quoi, qui les autres sont n'a plus vraiment d'importance depuis que Trouvé et Carlens sont partis, il y a déjà bien longtemps) sous peine d'une astreinte financière de 25 000€.

C'est le journal Le Soir qui a révélé l'info via son blog Frontstage, en annonçant qu'ils ne parleraient pas du groupe, et juste un peu après la date fatidique. Ils vont même jusqu'à censurer le titre de l'album. Mais un peu plus tard, le même journal change d'avis, et décide de briser l'embargo, au risque de payer cette astreinte. Forcément, l'affaire prend de l'ampleur, certains quotidiens suivent le mouvement (De Morgen) tandis que d'autres refusent (De Standaard).

Qu'en penser? Evidemment, une telle initiative de la part de Barman/dEUS/Universal est inacceptable, et peut clairement mettre en danger la liberté de la presse. Mais ce qui est nettement plus questionnable, c'est le fait que Le Soir annonce un boycott presque total, pour finalement publier l'interview (deux jours avant la date de levée de l'embargo), et donc, contenter tout le monde : ses lecteurs, certes, mais aussi finalement dEUS et Universal. En effet, l'interview est passée, et avec nettement plus de bruit que prévu, ce qui ne devrait pas faire du mal aux chiffres de vente (de l'album et du journal). Et si, en plus, Universal empoche les 25 000€, la situation win-win sera totale. Enfin presque, parce que la crédibilité de certains médias en prend un (nouveau) coup.

La position du Soir manque cruellement – et c'est un comble! - d'honnêteté intellectuelle, alors que le représentant du Télémoustique a, quant à lui, simplement refusé les termes du contrat, et donc l'interview. Même si je n'ai pas souvent été tendres avec eux, je trouve que c'est l'attitude la plus intègre.

Au début de l'histoire, je pensais moi aussi ne pas parler de l'album, mais finalement, ce serait ça, la restriction de la liberté d'expression : ne pas donner son avis sur un disque que je trouve d'ailleurs assez moyen.

Tout cela n'empêchera pas Vantage Point de se vendre, ni à la masse de touristes mal informés d'assister à leur concert de clôture de Rock Werchter 2008, mais, à une époque où certains artistes tentent de trouver une nouvelle direction durable, il est navrant de voir que d'autres considèrent leur public comme des moutons au portefeuille rempli. J'espère qu'il se rendront compte de leur erreur.

Oh, et l'album? Je l'ai écouté “par hasard” (amusant de voir les résultats qu'on peut obtenir en tapant “dEUS + Vantage Point” sur Google), et non seulement on va encore se demander si Barman a abadonné son génie en Espagne en enregistrant The Ideal Crash, mais en plus, ça va se vendre, c'est assez consensuel (pour être poli) pour ça.

Bref, beaucoup de bruit pour pas grand chose, une fois de plus.


Sources et références : le billet original et la justification du changement d'avis (Frontstage), l'assez prétentieux édito de la rédac' chef du Soir, la fort mièvre interview en question et les observations de Serge Coosemans.


Edit : depuis l'écriture de ce billet, un nouvel article a été publié sur le site du Soir. “Il (Thierry Coljon, journaliste) s’exécute dans l’urgence, contraint par le chantage mais en apposant un gribouillis qui n’est ni sa signature ni son paraphe.” Là, on est vraiment dans le ridicule le plus total. Un gribouillis? C'est une blague?

22:36 Écrit par Denis dans News | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/03/2008

Trent Reznor vs The Record Industry, part III

Il avait prévenu. D'abord, lors de sa séparation peu amicale avec sa maison de disques Universal, ensuite, de manière plus sybilline, lors d'un message bloggé il y a deux semaines : ”two weeks”.

Lundi 3 mars était le jour de la concrétisation. Sans tambour ni trompette, Reznor annonce la disponibilité du nouvel album de Nine Inch Nails, Ghosts I-IV. On a dit que la sortie de In Rainbows allait révolutionner la manière dont la musique est vendue, ce fut en fait un gros pétard mouillé (mais un pas vers la bonne direction, quand même). Ce que Reznor a fait ici est nettement plus crédible et efficace. Petite description avant explication.


Ghosts I-IV, quadruple album instrumental (36 morceaux, un peu plus de deux heures), est disponible en cinq éditions, toutes via ghosts.nin.com. Nous avons :

  • Ghosts I, la première partie, en téléchargement gratuit et qualité excellente (pas seulement “un peu mieux qu'iTunes”, Jonny Greenwood). En plus de le mettre à disposition sur nin.com, Reznor l'a personnellement uploadé sur The Pirate Bay, mais aussi sur des trackers Bittorrent privés.

  • Pour 5$ (avantage pour les Européens, tout ça, même si les frais d'envoi des versions physiques sont élevés), on peut télécharger les quatre parties, même qualité (FLAC, ALAC et mp3 320 kb/s) accompagné d'artwork digital complet et très soigné.

  • Ajoutez 5$ et vous aurez en plus un double cd chez vous, à partir du 8 avril. Ca fait environ 7€ pour un double cd. Dommage que les frais d'envoi font plus que doubler le prix de vente.

  • L'édition spéciale à 75€ consiste en un double cd (et le download immédiat), un dvd des morceaux en multipistes, permettant les remixes (on en reparle tout de suite), et un blu-ray de l'album accompagné en images.

  • Enfin, l'édition limitée ultra luxueuse propose tout cela dans un superbe coffret avec en plus l'album en vinyl lourd, des lithographies exclusives, et signé par Reznor. Les 2500 exemplaires (à 300$) sont partis en quelques heures.

On pourra éternellement gloser sur la valeur des deux derniers packages, mais on ne dira pas que l'album n'est pas distribué au plus grand nombre. Contrairement à Radiohead, on peut avoir un vrai cd pour pas cher, et en attendant des mp3 (ou FLAC) d'excellent qualité.

De plus, le quaduple vinyl et double cd seront vendus en magasin à partir du 8 avril. Il sera intéressant de comparer les prix, et de voir si les revendeurs oseront maximiser leurs profits, déjà parfois étonnamment élevés. Il faut des moyens pour monter une telle opération, c'est évident. Reznor en a accumulé suffisamment pour se le permettre, il reste qu'il n'était pas obligé du tout de le faire : sa masse de fans aurait sans aucun problème claqué 20€ pour un nouvel album.

Il ne l'a pas fait, et a effectué un pas de géant vers la transformation de cette vieille machine dysfonctionnelle. Un tel contrôle de l'artiste sur son oeuvre permet aussi un modèle de distribution différent : on ne doit plus attendre le feu vert des exécutifs pour sortir un disque ; Reznor a déjà annoncé que Ghosts IV ne sera pas le dernier.

Encore un élément plus spécialisé, mais tout aussi important. Ghosts I-IV est rendu disponible via une licence particulière Creative Commons, permettant la distribution, l'échange et la copie de l'album ainsi que son altération dans des remixes, par exemple. En résumé, tant que vous ne vous faites pas passer pour son auteur, vous pouvez faire ce que vous voulez de l'album, y compris le diffuser en P2P sur Internet. C'est une première pour un artiste majeur.

On ne peut qu'espérer la prolifération de tels business models (pour être grossier), en attendant, Reznor mérite vos 10$ (au minimum), et les miens. Au minimum. L'album? Excellent, on en reparlera très vite.

15:34 Écrit par Denis dans News | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/10/2007

Il est libre, Trent...

Moins de 24 heures avant la sortie extrêmement attendue du nouveau Radiohead (et une probable mégasaturation du serveur), Trent Reznor a clôturé le chapitre "esclave" de sa biographie : voici ce que dit la page principale de nin.com, ce 9 octobre 2007 à 17h38 :


"Hello everyone. I've waited a LONG time to be able to make the
following announcement: as of right now Nine Inch Nails is a totally
free agent, free of any recording contract with any label. I have
been under recording contracts for 18 years and have watched the
business radically mutate from one thing to something inherently very
different and it gives me great pleasure to be able to finally have a
direct relationship with the audience as I see fit and appropriate.
Look for some announcements in the near future regarding 2008.
Exciting times, indeed."


On verra ce que ça va donner, mais si cela peut commencer la révolution de l'"industrie" musicale, don't you know that you can count me in...

17:42 Écrit par Denis dans News | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |