14/07/2009

Jack White et Beastie Boys, un pied dans le futur

Il ne se passe plus une semaine sans que des initiatives novatrices voient le jour en terme de distribution de musique commerciale.

On ne reviendra pas sur ce qui s'est passé ces dernières années, avec l'avènement de Trent Reznor comme pape du Music Business 2.0, mais force est de constater qu'il fait des émules. (Reznor entame actuellement sa reconversion comme gourou du marketing pour groupes débutants, offrant quelques conseils très intelligents sur son forum)

Par contre, je pense que je soulignerai régulièrement les initiatives que je trouve intéressantes, en commençant par ces deux-ci.


Beastie Boys

Dans le business depuis environ 70 ans, ils auraient pu tranquillement suivre un modèle classique. Alors qu'ils vont sortir leur premier album "complet" depuis 1998 (après le pur hip-hop To The 5 Boroughs et l'instrumental The Mix-Up) en septembre, ils sont actuellement en train de remasteriser et de ressortir leurs albums principaux. Ils ont commencé par Paul's Boutique, puis Check Your Head, et maintenant Ill Communication.

La particularite de cette sortie (outre l'excellente remasterisation et 12 bonus tracks), c'est qu'elle est variée, et complète, histoire que tous les goûts et tous les budgets puissent s'y retrouver. Jugez-en plutôt : l'album est disponible en version digitale (mp3 320 kbps, FLAC ou ALAC, par de merde à la iTunes ici) pour 17 dollars, le double cd pour 20, le double vinyl (180 grammes) pour 26 et l'édition de la mort, triple vinyl dans coffret luxueux de 1500 exemplaire pour 90.

Autre point d'intérêt : à l'achat d'un format physique, le téléchargement est compris, les B-Boys ont compris que la meilleure manière d'éviter le leak d'un album, c'est encore de leur mettre à disposition soi-même.

Pour ajouter encore une couche, ces 4 packages peuvent être agrémentés d'un tshirt exclusif, pour une quinzaine de bucks supplémentaires.

Je suis 100% pour ce genre de distribution, car personne n'est lésé : en ce qui concerne la musique, même celui qui achète la version à 90$ n'a pas un morceau de plus que celui qui n'achète que le download. On a clairement pensé aux fans, à tous les fans, d'abord.

J'espère pour eux qu'ils auront la même surprise que pour le double vinyl de Check Your Head : certains albums comprenaient un 7" de deux morceaux inédits, futurs extraits de Hot Sauce Committee, Volume One.


Jack White

Jack White, des White Stripes, Raconteurs et plus récemment The Dead Weather, a aussi un label et un studio, nommé Third Man.

Il va encore une étape plus loin, en créant une sorte de Fan/Record Club appelé The Vault . Le système est plus complexe, mais voici un résumé.

On peut être membre de deux manières. Soit en payant 7$ par mois (3 mois minimum) pour obtenir un accès aux préventes des artistes Third Man, des streams exclusifs, photos, chats, articles, etc etc. Une sorte de fan club multimédia, en somme.

Mais c'est surtout l'autre formule qui attire l'attention : pour 20 dollars/mois (3 mois minimum aussi), on a tout cela mais en plus un vinyl 12", un 7" et un tshirt exclusif. Exclusif, au sens le plus restrictif du terme : non seulement rien de tout cela ne sera vendu ailleurs, mais en plus les vinyls ne seront pas repressés. Encore plus : l'inscription pour le premier trimestre se clôturera le 21 juillet, et on pressera autant de vinyls que de membres inscrits. Impossible de faire plus exclusif, et la faq du site insiste sur le caractère collectionnable/ebayable des articles.

Je trouve que c'est assez osé comme démarche, et je n'ai pas la moindre idée (eux non plus, apparemment) si ça va marcher. On ne sait pas précisément pourquoi on paie : oui, on pourrait avoir le nouvel album des White Stripes avant tout le monde, mais on pourrait aussi se retrouver avec deux faces B des Raconteurs enregistrées dans le garage de Jack White (en fait, pourquoi pas?).

C'est sans doute pour cela qu'ils ont lâché le morceau sur les premiers disques disponibles : Icky Thump des White Stripes, en double 180 grammes avec un mix mono inédit (on rappelera que la version vinyl était nettement préférable au cd, très mal masterisé) et un 7" de deux reprises du Dead Weather.

Reste quand même une question cruciale : 60 dollars (45 euros environ) pour du contenu digital qui sera sans doute disponible ailleurs, une chance de préventes (pour des artistes dont les tickets sont encore accessibles), un vinyl d'un album connu, deux reprises et un tshirt?

Si je pouvais, je pense que je le ferais, que ce ne soit que pour les encourager à nous surprendre. Mais j'aurais quand même préféré quelque chose de plus dingue pour lancer le produit. On en veut toujours trop...

00:29 Écrit par Denis dans Logorrhées variées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/10/2008

La pertinence de la critique rock

Un de mes webzines préférés, Drowned In Sound, a publié un article assez intéressant, écrit par Sean Adams, sur la pertinence des critiques négatives d'albums à notre époque. En gros, l'idée est : vu qu'on peut trouver plus ou moins tout, très rapidement et facilement (autant les albums que les critiques s'y rapportant), est-ce que les critiques négatives servent encore à quelque chose, vu qu'il suffit de préécouter l'album sur myspace ou ailleurs, ou de lire les différentes réactions des auditeurs via forums et commentaires de blogs/webzines. L'idée se défend, évidemment, mais pourquoi ne pas pousser la réflexion un peu plus loin : quelle est, s'il en reste, la pertinence d'une critique d'album rock.

Il fut un temps, et pas si éloigné, où les critiques rock pouvaient faire la pluie et le beau temps, faire et défaire des carrières. Un article dans un magazine ou un journal crédible, et les ventes s'envolent, une critique saignante et le split, ou du moins le renouvellement, n'était pas loin. Dans le petit monde de la presse francophone belge, Le Soir et le Télémoustique étaient sans doute les deux organes les plus crédibles, et dans le cas du second, cela faisait carrément partie de sa réputation.

On le sait, les impératifs commerciaux les ont rattrapés : les rapports étroits entre certains journalistes et les services marketing des maisons de disques ont transformé leurs pages en publireportages pathétiques et mal informés : on se souviendra de l'affaire dEUS, et pour plus de détails, on ira lire le blog de Serge Coosemans, qui manque rarement l'occasion d'arroser ce type de personnes.

Ceci dit, dans une époque pré-internet, ma source préférée d'info rock, c'était les magazines gratuits RifRaf et Mofo, qu'on trouvait chez les disquaires et salles de concerts. L'un a disparu, l'autre a assez dégénéré, mais il reste que ces médias étaient directement les précurseurs des webzines : on pouvait y raconter plus ou moins n'importe quoi, tout en était plus ou moins n'importe qui (je le sais, j'y ai participé ;) ) Tendre souvenir humide, j'achetais parfois des cd avec comme seule base un article publié dedans, je n'écoutais que fort rarement la radio. Alors, oui, évidemment, j'ai parfois été déçu, mais souvent ravi de découvrir de nouvelles choses.

Mais maintenant? Last.fm, Myspace, bientôt un gros module musique sur Facebook : il suffit de passer un minimum de temps online pour pouvoir écouter ce qu'on veut (et pas ce qu'on nous propose), et qui a besoin de lire une opinion extérieure, si on peut carrément écouter le disque? Et je ne mentionnerai qu'à peine la voie illégale, permettant d'outrepasser totalement la phase "j'achète? Ou pas?", la remplaçant par une écoute plus attentive et aisée qu'en magasin, avec une conclusion pouvant être similaire (oui, pas mal de "pirates" finissent par acheter l'album).

Bref, le "pouvoir" donné aux critiques rock est maintenant à la disposition de chacun : même les sacro-saintes "copies promo", quand elles existent encore, se retrouvent sur le net en même temps pour tout le monde. Donc, pourquoi continuer à écrire?

On peut trouver plusieurs raisons, au degré de prétention variable. Je prendrai celle-ci : critique rock, c'est comme artiste, ce n'est pas une profession, mais une passion. Elle ne permet pas de vivre? Mais tant mieux : l'indépendance est à ce prix. Il faut continuer à écrire, continuer à alimenter blogs et webzines, commenter et poster, pas nécessairement pour alimenter la polémique, mais pour donner un choix.

Parce que de toute façon, une critique dans un journal n'a jamais forcé personne à acheter un disque. Mais un article quelque part, n'importe ou, pourra toujours pousser quelqu'un à aller voir plus loin. Avant, c'était le disquaire, maintenant ça sera Deezer, Last.fm, Myspace ou (argh) iTunes. Mais l'important, c'est de donner le choix, y compris le choix d'ouvrir la boîte de Pandore et de se faire insulter en commentaires (ou de faire ça ). C'est dans ce rôle d'initiateur de discussion et de secoueur de conscience que le critique rock peut retrouver sa place. Mais ce n'est plus au bar VIP d'un festival d'été.

18:42 Écrit par Denis dans Logorrhées variées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/11/2007

Musique, mensonges et petit cochon

Je n'avais pas spécialement l'intention de parler de ce sujet, mais il y a suffisamment de points à remettre sur les i, et la (lol) blogosphère belge n'en a pas spécialement parlé. D'abord, rappel des faits. Le mardi 23 octobre, les Polices britannique et néerlandaise, coordonnées par Interpol, ont invité la presse pour assister à l'arrestation d'un homme de 24 ans, dont le pseudonyme Internet était connu de plusieurs dizaines de milliers d'internautes.

Son crime? Impossible à dire, les autorités sont probablement en train de se concerter pour trouver quelque chose à lui reprocher. Ce qu'il a fait? Participer à la révolution culturelle. OiNK était le créateur du site qui portait son nom, oink.cd (autrefois oink.me.uk). OiNK (le site) était principalement un tracker bittorrent, à savoir (on va faire simple, la question n'est pas technique) une sorte d'index de fichiers qui permettaient de connecter les internautes entre eux pour s'échanger principalement des albums musicaux.

Etait-ce illégal? L'avenir nous le dira, mais, grâce au concept BitTorrent, aucun fichier musical ne se trouvait sur les serveurs conquis par la police néerlandaise, OiNK ne servait que d'interface à la disponibilité des morceaux, comme un simple moteur de recherche, comme on le verra plus tard. Mais même s'il est évident que certaines formes de téléchargement illégal ont effectivement été favorisées par OiNK, la manière dont tout ça s'est passé peut choquer.

D'abord, le tapage médiatique, et les mensonges qui ont suivi. Quelques heures après l'arrestation et les saisies, différents lobbys du disque ont piraté sans vergogne oink.cd, en y installant un message menaçant. Ceci dans l'illégalité la plus totale, et sans aucun respect de la présomption d'innocence. Pire, les communiqués de presse ont été clairement mensongers, on y apprenait, entre autres, que OiNK était un site payant. Même si les donations étaient possibles, elles n'étaient nullement obligatoires et ne fournissaient pas d'avantage en termes de téléchargement. De plus, les règles très strictes en matière de qualité sonore faisaient que les albums disponibles sur OiNK étaient de bien meilleure qualité que, disons, iTunes. On avait donc le choix entre de la bonne qualité gratuite et illégale ou de la mauvaise qualité (bit rate et DRM), chère mais légale.

C'était une évidente manipulation de la part de l'industrie du disque qui, encore plus dépassée par les événements que d'habitude, a tenté de faire peur au public et de diaboliser les terroristes de la souris. Malheureusement pour elle, les choses ne se sont pas trop bien passées.

On le sait : on ferme un site, deux s'ouvrent quelques minutes plus tard. Il était donc évident que des alternatives allaient se mettre sur pied, dont une chapeautée par The Pirate Bay, tracker suédois bien connu pour être littéralement intouchable. Même si ces sites n'ont pas encore l'ampleur d'OiNK (180 000 membres, quand même), ils démontrent ce que TorrentFreak appelle l'hydre: on coupe une tête, mais l'animal survit, plus fort encore. Évidemment, ces sites pourraient peut-être aussi subir l'ire des autorités, mais qui se fatiguera le premier?

Mais ce n'est pas le plus important. Au sein même de l'industrie, des voix dissonantes se font entendre. Pas spécialement pour défendre le vol, mais le concept même de modification de la distribution de la culture et de l'art. Le premier a été Rob, graphiste professionnel, qui a analysé la question dans un très long article, résumé et traduit ici. Le titre est évocateur : When Pigs Fly: The Death of Oink, the Dirth of Dissent, and a Brief History of Record Industry Suicide. Sans trop de surprise, c'est Trent Reznor qui a jeté un pavé dans la mare. Défenseur de la gratuité de l'artéfact culturel, il a encouragé ses fans à voler son dernier album, et a même diffusé ses propres dvd via bittorrent. Non seulement Reznor a défendu OiNK, mais il a carrément avoué en faire partie.

Il est temps que les quatre majors se rendent compte que l'exploitation du public touche à sa fin. Cette fin d'année 2007 est la plus importante dans ce domaine : on a vu la fin annoncée de la DRM, des alternatives supérieures à iTunes, la bombe Radiohead, et maintenant, cette tentative pathétique de discrédit. Ce n'est pas par la terreur qu'on vendra plus de disques. Par contre, essayer de prendre les gens un peu moins pour des cons, ça pourrait marcher. Le futur s'annonce rayonnant.

En guise de conclusion, et en parlant de futur rayonnant. Nos amis de la SABAM, qui dans le genre prendre les gens pour des cons sont assez forts, avaient demandé que les fournisseurs d'accès internet bloquent le téléchargement illégal, ce qui, en gros, est aussi facile que d'aller à la plage et de retirer tous les coquillages à lignes jaunes et blanches. C'est bien de vouloir faire respecter la loi, mais ça serait encore mieux de balayer devant sa porte, de blanchir moins d'argent et de faire moins de faux. Mais je serai magnanime, et je leur laisserai la présomption d'innocence, tout en gardant un sourire en coin.

PS : Je reparlerai de tout cela à plusieurs reprises dans ces colonnes, avec interviews de personnes de tous horizons, concernées par la question.

18:36 Écrit par Denis dans Logorrhées variées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oink |  Facebook |

06/10/2007

Ca méritait mieux

Un article sans structure, pas relu, et écrit d'un jet : MBO est fait pour ça aussi ;-)


Loin de moi l'idée de minimiser l'importance de Radio One, la légendaire station radio britannique, dans le développement de ce qu'on connapit aujourd'hui. D'ailleurs, deux mots suffisent : John Peel. Quarante ans après sa création, Radio 1 fête ça en sortant un double cd concept : quarant artistes contemporains reprennent quarante hits représentant chacun une année, de 67 à 06. Comme il est probable qu'ils vont en vendre des camions, et que l'odeur du sapin est déjà perceptible, il fallait des gros noms et pas trop d'innovation. Mais quand même.

On ne sera pas surpris de qui on retrouve : Kaiser Chiefs, Amy Winehouse (*dois... éviter... commentaire*), Robbie Williams (qui reprend décemment Lola des Kinks), Razorlight, Hard-Fi, The Kooks et d'autres valeurs aussi sûres qu'emmerdantes. Donc, plutôt que croire que cette double compile sert vraiment à dresser un panorama de quarante ans de pop, on va s'occuper du meilleur et du pire.

Qui a eu l'idée de demander aux Fratellis de reprendre All Along The Watchtower (version Hendrix)? J'ai rien contre eux, j'ai même trouvé leur album sympa, à l'époque. Mais le gars chante comme une merde, et le riff ne sauve pas tout. Mike Skinner (The Streets), quant à lui, s'attaquait à Your Song, et c'est tellement (intentionnellement?) mauvais que ça en est totalement hilarant. Moins que Band On The Run version Foo Fighters, mais les FF n'ont plus été marrants depuis longtemps. Ca passe encore, comme d'habitude.

Franz Ferdinand (tiens, sont où eux? C'était encore les moins mauvais du lot, à l'époque) s'attaque laborieusement à Bowie, tandis que The Raconteurs rendent un très bel hommage à John Peel, reprenant Teenage Kicks.

Ensuite, on arrive à un morceau de choix. Mika qui reprend Can't Stand Losing You. Il ne faut pas prendre des pincettes. Je supporte déjà pas ce type, parce que Justin Hawkins a encore sans doute besoin de sa voix. Mais quelle merde, ce morceau. Sting parlait de suicide, espérons que ça soit prophétique.  Par contre, mention spéciale à Kasabian, que je n'apprécie pas plus que ça, et qui réussit à se sortir fabuleusement du ska des Specials, Too Much Too Young. Une des rares réussites de l'album.

On a aussi les gros copieurs, comme Keane (Under Pressure) ou Mcfly (A Town Called Malice): gaspillage de temps de studio.

Cette chère (ici aussi, pas de jeu de mot) Beth Ditto (The Gossip) a l'habitude de reprendre Careless Whisper en concert. Ca ne ressemble en rien à l'original, et tant mieux. Puis, ça se dilue encore plus, à la limite de la nausée. James Morrison, Paolo Nutini, Lily Allen, The Fray, des gens qui n'ont strictement aucune importance et encore moins d'intérêt. Klaxons sortent leurs chaînes en or pour faire une impression parfaite du No Diggity de Blackstreet, mais c'est la toute fin de l'album qui mérite un petit peu plus d'intérêt.

On passera le caractère terriblement ironique de The View reprenant très mal Don't Look Back Into The Sun (et ça il faut le vouloir) pour s'arrêter au girl band manufacturé Girls Aloud qui a peut-être enregistré le meilleur morceau ici, avec une reprise metallo-pop de Teenage Dirtbag. Imaginez la profondeur abyssale du reste... Maxïmo Park s'amuse avec Like I Love You (Pharrell/Timberlake), avec un résultat sympa (Chaka Khan!), Hard-Fi reprend Britney (c'était marrant en 2002 maintenant, c'est juste tirer sur une ambulance) et enfin Corinne Bailey Rae retravaille le Steady As She Goes des Raconteurs, mais bon, voilà quoi.

C'était bien nul, très long, juste le genre de trucs qui justifient l'existence du P2P. Et encore, morceau par morceau, parce que le reste ne vaut même pas la bande passante. Je ferais n'importe quoi pour récupérer ces deux heures de ma vie.

Conclusion : il est totalement interdit de dépenser le moindre sou pour ça, au mieux, chopez deux-trois morceaux quelque part, et voilà. Live Lounge 2, qui sort un peu plus tard ce mois-ci, sera sans doute plus intéressant (Biffy + Monkeys, déjà).

M'en vais fêter la reformation de Carcass, tiens...

01:13 Écrit par Denis dans Logorrhées variées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/06/2007

Et après, on s'étonne...

Que le journalisme rock en Belgique soit dans un état déplorable. D'abord, jetons un coup d'oeil sur un article trouvé sur le site de la Dernière Heure/Les Sports, et consacré au concert des Rolling Stones, hier à Werchter.

Je sais, je tire sur une cible tellement grosse que même un Diable Rouge n'arriverait pas à la rater. La Dernière Heure/Les Sports, misérable torchon, ne vaut que par ses pages sportives, ou du moins c'est ce qu'on me dit. Le reste est politiquement très nauséabond, éthiquement douteux et culturellement pathétique. Il reste que ce quotidien est un des plus lus en Belgique francophone (un demi-million de personnes le lisent chaque jour). Alors pourquoi considérer ces gens comme des imbéciles illettrés? Pourquoi ne pas engager quelqu'un qui sait écrire, et qui sait de quoi il parle? Parce que, même s'il a peut-etre d'autres qualités, l'auteur de l'article en question (Basile Vellut), ne semble pas savoir comment rédiger un article (les erreurs de mises en pages peuvent etre imputées au correcteur, mais la forme de l'article, les tournures de phrases et l'habituelle pique politico-linguistique, totalement hors de propos ici laisse clairement à désirer), ce qui ne serait encore qu'un moindre mal s'il connaissait un tant soit peu son sujet, ce qui n'est pas le cas, vu les erreurs factuelles présentes. Même le setlist n'est pas correct DU TOUT.

Alors, oui, évidemment, c'est facile de critiquer un type qui écrit pour la DH. Mais la culture et l'art ont tellement peu l'occasion de nous via les médias traditionnels qu'il est vraiment regrettable d'avoir l'opportunité de faire quelque chose de bien, et se planter complètement. Si c'est pour torcher de telles conneries, la DH devrait sans doute se cantonner aux pédophiles et à la balle pelote. Suis-je simplement jaloux et frustré, de n'être qu'un webrédacteur bénévole? Sans doute en partie, mais il semble évident que nombre de chroniqueurs culturels de la sphère internet (dont moi, pas de fausse modestie, surtout que dans ce cas précis, la concurrence est insignifiante) mériteraient la place scandaleusement squattée par Basile Vellut, qui, en fin de compte, ne fait sans doute que ce qu'on lui dit de faire : après tout, on me demanderait d'abattre une vache à Anderlecht, j'aurais moi aussi l'air très con.

Mais le pire dans tout cela, c'est que les autres médias écrits principaux tombent dans d'autres travers, ceux du mercantilisme. Comment prendre au sérieux des articles du Télémoustique, quand on sait que ce magazine n'observe virtuellement aucune indépendance éditoriale? On croirait parfois parcourir les communiqués de presse d'Universal. Comment ne pas sourire à la lecture de certains articles du Soir, qui, même si les connaissances de leurs journalistes (parce que là, il s'agit quand meme de véritables journalistes) sont indéniables, semblent la plupart du temps en décalage avec la réalité actuelle.

On ne commencera meme pas à parler de la tv et de la radio, parce que là, le ridicule est atteint. Mes anecdotes personnelles sur un projet musical, à l'époque où je travaillais chez Be tv (ex-Canal+) valent leur pesant de cacahuètes, j'y reviendrai peut-etre un jour.

Le secteur rock de la presse écrite belge, du moins sa forme traditionnelle, ne vaut donc pas grand chose, et encore moins à l'époque des blogs. Évidemment, on trouve à boire et à manger dans ces derniers, mais tout le monde finit par trouver son compte, sans se voir imposer de maniere dogmatique des mauvais articles écrits par des scribouillards de pages des chiens écrasés.

Est-ce mieux à l'étranger? Il y a déjà nettement plus de publications, mais pour des raisons commerciales évidentes, le marché étant bien trop restreint chez nous. Mais quand on se rend compte quand Voici, pourtant pas vraiment un hebdo de grande classe, et dont le lectorat ne doit pas foncièrement être fan d'Aphex Twin, que les critiques musicales sont de grande qualité, on est en droit de se poser des questions. Si Voici le peut, pourquoi pas la DH?

Que les choses soient claires : il est évident que mon type d'écriture, sans contrainte commerciale ou structurelle est une liberté immense, que n'ont pas les rédacteurs professionnels. De même, je n'ai pas de diplôme en journalisme en poche (je suppose que ce Basile Vellut non plus), juste une autre licence universitaire. Mais quand on parle de rock, quand on écrit sur le rock, il faut le vivre. Sinon, on se tait
.

14:40 Écrit par Denis dans Logorrhées variées | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

27/05/2007

Citrouilles dépoussiérées

pumpkin_in_patch J'ai repensé au récent post à propos des Smashing Pumpkins, et suite à, entre autres, un commentaire de mon ami Laurent, je m'y suis effectivement replongé. À l'époque, pour je ne sais quelle raison, je n'accrochais pas aux SP, qui n'étaient pourtant pas très éloignés de ce que j'écoutais à l'époque. Je mets ça sur le compte de la jeunesse, je suppose.

En quelques jours, je me suis fait la quasi intégrale du groupe, et c'est assez amusant de voir ce qui a changé dans mon opinion. Je trouve toujours Adore maladroit, même s'il comprend quelques superbes morceaux, Machina/The Machines of God est un album très moyen, et Mellon Collie and the Infinite Sadness souffre, comme tous les doubles albums, d'une longueur excessive. Mais clairement, le bon est plus présent que le mauvais. Siamese Dream, quant à lui, est un album excellent, que je viens de chroniquer sur RMB. Il me reste encore à réécouter Gish, à écouter enfin Machina 2, puis les deux albums de faces B.
Je pense, en fin de compte, que mon avis sur le groupe était du au matraquage MTV de l'époque, où 1979 et Tonight Tonight étaient aussi souvent diffusés que ... ben ce qui est diffusé maintenant, je regarde plus MTV, moi... Hier, j'ai écouté 1979 pour la première en peut-être six-sept ans, et sans mes préjugés, le morceau est énorme. Ceci dit, il faut dire que les dernières années n'ont pas été en faveur de Corgan : derniers Pumpkins moyens, Zwan et album solo horribles. On pouvait ne plus trop à croire.

Si on ajoute que leur concert à Paris était excellent, très long mais sans baisse de régime, je pense aller faire un tour au Pukkelpop, à defaut d'avoir pu aller hier à l'AB. Il semble de plus en plus clair que D'arcy et Iha n'étaient pas vraiment importants au sein du groupe.

C'est marrant, j'ai l'impression de découvrir un groupe, comme quand j'ai découvert les Pixies, suite à Nirvana. Mais dans le cas des Smashing Pumpkins, ils sont toujours en activité (ok, les Pixies aussi, maintenant...). C'est chouette. Et merci Laurent ;)

13:59 Écrit par Denis dans Logorrhées variées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/05/2007

Vieilles citrouilles

On a déjà beaucoup parlé du retour des Smashing Pumpkins, dont l'album Zeitgeist sort le 07.07.07. Et en plus, on a maintenant la bien moche couverture :

SmashingPumpkins_Zeitgeist_cover

Il paraît que c'est en même temps une critique du gouvernement US, ce qui est très original en soi comme concept, et du réchauffement climatique : tout aussi innovateur.

En l'ajoutant à ce qu'on sait déjà, c'est à dire que Billy Corgan est le seul membre des Pumpkins présent sur chaque album à participer à cette reformation, et on n'a pas beaucoup plus d'espoir que pour Guns 'n Roses. On ne sait jamais, ceci dit, mais déjà, j'ai toujours trouvé que le groupe était terriblement surévalué pendant sa période de gloire, pendant laquelle on voyait 1979 et Tonight Tonight ad nauseam sur MTV. C'était le bon temps, ceci dit...

Corgan, Chamberlain et deux-trois anonymes seront aussi au Pukkelpop, en août. 

20:13 Écrit par Denis dans Logorrhées variées | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |