18/10/2008

The Chinese Democracy Incident?

Mes blogs n'ont jamais eu la prétention de faire dans la news, ce n'est pas le but, et d'autres le font bien mieux. Le monde entier est donc au courant qu'apparemment, contre toute attente, Chinese Democracy va bien sortir cette année.

C'est évidemment un événement : quand le travail sur l'album a commencé, Guns 'N Roses était le plus gros groupe du monde, et Axl Rose un sex symbol (oui, malgré les shorts. C'était comme ça, avant, moi non plus, je ne pige pas). Et on en parle depuis si longtemps (voir la page wikipedia pour l'historique) qu'on est arrivé à un point où on s'en fiche pas mal de la qualité de l'album : oui, le quatrième (cinquième si on compte Use Your Illusion comme deux albums) album des Guns va sortir dans notre vie. Sauf si on meurt d'ici là, mais ce serait quand même quand même pas de chance.

Enfin, des Guns, tout est relatif. Des membres importants du groupe de la "grande époque", celle avec les bandanas, le short rouge (ouais, il m'a marqué) et les permanentes, il ne reste plus qu'Axl Rose. Le reste a décampé, entre autres pour former les médiocrissimes Velver Revolver, qui sont d'ailleurs toujours à la recherche d'un chanteur plus fiable que le précédent, une constante chez eux. Axl a su bien s'entourer, puisque quelques gens talentueux sont passés par là, comme Robin Finck (guitare, ex-NIN), Josh Freese (batterie, ex-un peu de tout), Bryan 'Brain' Mantia (Primus) et évidemment l'étrange mais génial guitariste Buckethead, qui arrivait à détourner l'attention du bedon et de la coupe de cheveux d'Axl.

On n'a aucune idée de qui fait partie de GNR maintenant, on le saura sans doute quand ils reprendront la route, de même, les musiciens cités ci-dessous n'apparaîtront peut-être pas tous sur l'album : vu qu'il a été enregistré sur une période de quinze ans, pas mal d'héro a coulé sous les veines.

Mais la nouvelle est là, pour le plus grand plaisir des amateurs de Dr Pepper (beurk) : Chinese Democracy sera disponible dans le magasins Best Buy US le dimanche 23 novembre, et sur l'interweb un peu avant, sans doute. Même si, musicalement, je m'en fous complètement (sauf pour Buckethead), il va quand même bien falloir que j'en parle...

10:45 Écrit par Denis dans News | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/10/2008

0,5/10

Ceux qui me lisent depuis longtemps le savent, j'ai toujours hésité entre coter les albums ou ne pas le faire. Les arguments contre sont clairs : coter une oeuvre d'art, c'est évidemment éminemment subjectif, et franchement assez con. 8/10, ça veut dire quoi? Que 80% des morceaux sont bons? Qu'il est meilleur que 80% des albums sortis cette année, cette décénnie, voire de l'histoire? Doit-on comparer l'album aux autres oeuvres du même artiste? Si un album est "bon" mais moins bon que le précédent, doit-il en souffrir pour autant?

En faveur des pour, c'est plus clair : quand j'ai décidé la première fois de suppiimer les cotations, j'ai perdu des lecteurs, et reçu pas mal de mails me demandant de les remettre. Je l'ai fait.

Entre rien et la classique cote sur dix, différents systèmes coexistent, des plus imagés (les étoiles, les "n fois logos") aux plus obscurs (le fameux système décimal de Pitchfork : Joanna Newsom, 9.3 ou 9.4?) en passant par les fantaisistes (les taches de Psychotonique). Mais finalement, ils ont tous le même but, et c'est justement celui-là que je refuse.

Conséquence : je refais marche arrière, et je supprime ce système de cotation, sans doute pour toujours. J'ai trop de fois hésité au moment de mettre la cote, et quand on passe autant de temps à balancer entre 6 et 7, pour finir à 6,5 (peut-être ma cote préférée, et une qui ne veut rien dire), on se fourvoie fatalement.

La compétition est déjà présente partout, de toute façon. Entre le nombre de MTV Awards que Linkin Hotel remportera et qui de Fortis ou Dexia se plantera le plus en bourse, l'art n'y a pas sa place. Et si je dois perdre des lecteurs, ce sera ceux qui ne prennent pas le temps de lire l'article et de comprendre qu'il ne peut se résumer à un bête chiffre. Pour tous ceux-là, les autres canaux ne manquent pas, pour Music Box, on s'arrêtera au texte, avec toutefois une conclusion qui sera (comme actuellement) écrite pour résumer mon point de vue, de manière nettement plus nuancée et prismique qu'une cote ne pourra jamais faire.

18:14 Écrit par Denis dans Music Boxes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/10/2008

La pertinence de la critique rock

Un de mes webzines préférés, Drowned In Sound, a publié un article assez intéressant, écrit par Sean Adams, sur la pertinence des critiques négatives d'albums à notre époque. En gros, l'idée est : vu qu'on peut trouver plus ou moins tout, très rapidement et facilement (autant les albums que les critiques s'y rapportant), est-ce que les critiques négatives servent encore à quelque chose, vu qu'il suffit de préécouter l'album sur myspace ou ailleurs, ou de lire les différentes réactions des auditeurs via forums et commentaires de blogs/webzines. L'idée se défend, évidemment, mais pourquoi ne pas pousser la réflexion un peu plus loin : quelle est, s'il en reste, la pertinence d'une critique d'album rock.

Il fut un temps, et pas si éloigné, où les critiques rock pouvaient faire la pluie et le beau temps, faire et défaire des carrières. Un article dans un magazine ou un journal crédible, et les ventes s'envolent, une critique saignante et le split, ou du moins le renouvellement, n'était pas loin. Dans le petit monde de la presse francophone belge, Le Soir et le Télémoustique étaient sans doute les deux organes les plus crédibles, et dans le cas du second, cela faisait carrément partie de sa réputation.

On le sait, les impératifs commerciaux les ont rattrapés : les rapports étroits entre certains journalistes et les services marketing des maisons de disques ont transformé leurs pages en publireportages pathétiques et mal informés : on se souviendra de l'affaire dEUS, et pour plus de détails, on ira lire le blog de Serge Coosemans, qui manque rarement l'occasion d'arroser ce type de personnes.

Ceci dit, dans une époque pré-internet, ma source préférée d'info rock, c'était les magazines gratuits RifRaf et Mofo, qu'on trouvait chez les disquaires et salles de concerts. L'un a disparu, l'autre a assez dégénéré, mais il reste que ces médias étaient directement les précurseurs des webzines : on pouvait y raconter plus ou moins n'importe quoi, tout en était plus ou moins n'importe qui (je le sais, j'y ai participé ;) ) Tendre souvenir humide, j'achetais parfois des cd avec comme seule base un article publié dedans, je n'écoutais que fort rarement la radio. Alors, oui, évidemment, j'ai parfois été déçu, mais souvent ravi de découvrir de nouvelles choses.

Mais maintenant? Last.fm, Myspace, bientôt un gros module musique sur Facebook : il suffit de passer un minimum de temps online pour pouvoir écouter ce qu'on veut (et pas ce qu'on nous propose), et qui a besoin de lire une opinion extérieure, si on peut carrément écouter le disque? Et je ne mentionnerai qu'à peine la voie illégale, permettant d'outrepasser totalement la phase "j'achète? Ou pas?", la remplaçant par une écoute plus attentive et aisée qu'en magasin, avec une conclusion pouvant être similaire (oui, pas mal de "pirates" finissent par acheter l'album).

Bref, le "pouvoir" donné aux critiques rock est maintenant à la disposition de chacun : même les sacro-saintes "copies promo", quand elles existent encore, se retrouvent sur le net en même temps pour tout le monde. Donc, pourquoi continuer à écrire?

On peut trouver plusieurs raisons, au degré de prétention variable. Je prendrai celle-ci : critique rock, c'est comme artiste, ce n'est pas une profession, mais une passion. Elle ne permet pas de vivre? Mais tant mieux : l'indépendance est à ce prix. Il faut continuer à écrire, continuer à alimenter blogs et webzines, commenter et poster, pas nécessairement pour alimenter la polémique, mais pour donner un choix.

Parce que de toute façon, une critique dans un journal n'a jamais forcé personne à acheter un disque. Mais un article quelque part, n'importe ou, pourra toujours pousser quelqu'un à aller voir plus loin. Avant, c'était le disquaire, maintenant ça sera Deezer, Last.fm, Myspace ou (argh) iTunes. Mais l'important, c'est de donner le choix, y compris le choix d'ouvrir la boîte de Pandore et de se faire insulter en commentaires (ou de faire ça ). C'est dans ce rôle d'initiateur de discussion et de secoueur de conscience que le critique rock peut retrouver sa place. Mais ce n'est plus au bar VIP d'un festival d'été.

18:42 Écrit par Denis dans Logorrhées variées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |